"Trois mois de travail pour deux minutes de sourire d'enfants ..." de Gaston Decamps
Tous les ans, 6 mois avant Noël, différents projets
étaient présentés aux directeurs des grands magasins sous
forme de dessins à la gouache. Une fois le projet choisi et les mouvements
déterminés par le dessinateur, la création pouvait commencer.
La commande ferme était passée dans le courant du mois d’août.
Le délai de livraison était de trois mois sans relâche, chaque
automate nécessitant un travail de réalisation individuel.
A partir de la gouache, chaque personnage est d’abord sculpté en terre glaise. L’artiste, toujours employé par la fabrique d’automates, doit réaliser un modèle fidèle à l’original.
A partir de cette sculpture réalisée, un moule
en plâtre, le négatif, est découpé en plusieurs morceaux
afin de faciliter le démoulage. Puis le positif, c’est à dire
le corps de l’automate, est obtenu par le démoulage.
Ensuite, on superpose plusieurs couches de papier buvard épais sur le moule.
Le cartonnage ainsi réalisé est très résistant et
facilement transformable. La technique est comparable à celle du papier
mâché, c’est le papinage.
Suit la création du mouvementage et la mise en place du mécanisme. Cette réalisation est la plus longue, elle est constituée de trois étapes majeures :
Réalisation de la platine de mouvementage :
Cette pièce se trouve à l’intérieur des personnages
et supporte les différentes pièces servant à donner les mouvements.
Il s’agit des équerres, des basculots, des articulations.
Réalisation de la platine mécanique :
Cette platine peut-être placée à l’intérieur
ou en dessous de l’automate, dans le plateau supportant la scène.
Elle comprend le moteur couplé à un réducteur de vitesse,
les cames calculées pour chaque mouvement, qui sont les ancêtres
de la programmation, et les leviers servant à la lecture de la came. La
liaison entre les deux platines se fait par des fils nommés tirages, reliés
aux leviers.

Après la mise en place du mouvementage, l'automate est
refermé par une bande de tissu collé. Arrivent ensuite les trois
phases de décoration :
Le ponçage et l'encouchage des parties visibles de l'automate. L'enduit
utilisé donne un aspect lisse et fini.
La mise en couleurs, les peintures à l'huile où les colorants sont
apposés en plusieurs couches successines.
La mise en place des traits du visage. Les yeux et les cils souvent animés.
Après-guerre, pour des raisons économiques, ils seront le plus souvent
peints.
C'est le dernier travail du fabricant.
Toutes les articulations sont d'abord habillées d'un costume de percale,
afin de les protèger. Puis on passe à l'habillage proprement dit,
celui-ci demande un travail de coupe de grande précision.
Passementeries, accessoires et coiffures seront les touches finales.
"Dans la réalisation d'une scène animée, de nombreux corps de métiers sont représentés."
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